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19 juin 2024 Par Philippe Renaud Non

Secteurs français ont été ciblés par les Américains

comment les États-Unis ciblent les secteurs stratégiques français

Plusieurs secteurs stratégiques français ont été ciblés par les États-Unis dans le cadre de la guerre économique. Voici un aperçu détaillé des principaux secteurs concernés :

Secteur aéronautique

Le secteur aéronautique français a été particulièrement visé par les autorités américaines. L'affaire Alstom en est un exemple frappant. En 2014, le groupe français a été poursuivi par le département américain de la Justice (DOJ) pour corruption présumée, ce qui a conduit à une amende record de 772 millions de dollars. Cette affaire a considérablement affaibli Alstom, qui a dû vendre sa branche énergie à son concurrent américain General Electric dans des conditions défavorables. Certains experts, comme Augustin de Colnet, y voient "une collusion évidente entre GE et le ministère de la Justice américain".

Une note de la DGSI citée dans un documentaire d'Arte parle même d'une "stratégie de conquête" américaine visant le secteur aéronautique français. L'affaire Airbus, poursuivie par le DOJ pour corruption présumée, en est une autre illustration. Selon l'ancien député Raphaël Gauvain, "les entreprises européennes sont la cible privilégiée des pouvoirs publics américains".

Secteur de la santé

Le secteur de la santé français est également considéré comme une cible des ingérences américaines selon la note de la DGSI. Ce secteur nécessite d'importants investissements en recherche et développement, ce qui en fait un enjeu stratégique majeur.

Bien que les exemples concrets soient moins médiatisés que dans l'aéronautique, les autorités françaises semblent considérer ce secteur comme vulnérable aux offensives économiques américaines visant à affaiblir les acteurs français.

Secteur de la recherche

La note de la DGSI mentionne également le secteur de la recherche parmi ceux faisant l'objet "d'attaques ciblées" de la part des États-Unis. Là encore, peu d'exemples précis sont donnés, mais on peut supposer que les enjeux de propriété intellectuelle et d'innovation sont au cœur des préoccupations françaises.

Les lois extraterritoriales américaines comme le Cloud Act permettent en effet aux autorités d'accéder aux données sensibles des entreprises, y compris celles stockées à l'étranger. Cela pourrait faciliter le transfert de savoir-faire et de technologies vers des concurrents américains.

Secteur financier

Le secteur financier français a lui aussi été durement touché par les poursuites américaines dans le cadre de la guerre économique. L'exemple le plus marquant est l'amende record de 8,9 milliards de dollars infligée à BNP Paribas en 2014 pour violation des sanctions américaines contre plusieurs pays.

Selon l'avocat Olivier de Maison Rouge, cité dans un article, "ce sont des embargos décrétés par les États-Unis qui s'appliquent, pas des sanctions de l'ONU". Il ajoute que les Américains "s'arrogent le droit d'être le gendarme du monde qui applique le droit". Cette affaire a considérablement affaibli BNP Paribas sur les marchés internationaux.

D'autres banques françaises comme la Société Générale ont également été poursuivies par le DOJ pour des motifs similaires, illustrant la vulnérabilité du secteur financier face aux lois extraterritoriales américaines.

Secteur de l'énergie

Bien que moins mis en avant que d'autres, le secteur de l'énergie français n'a pas été épargné par les offensives économiques américaines. L'exemple de Total, poursuivi par le DOJ en 2013 pour corruption présumée en Iran, en est l'illustration.

Le groupe pétrolier a dû payer 398 millions de dollars d'amende et accepter un programme de conformité très strict sous la supervision d'un tiers indépendant pendant trois ans. Cette affaire a nui à l'image et aux activités internationales de Total.

Secteur des hydrocarbures

Dans le même ordre d'idées, le secteur des hydrocarbures français a subi les effets de la guerre économique américaine, notamment via les sanctions extraterritoriales. Un article du Monde diplomatique souligne que "les États-Unis ont immédiatement construit les fondements de leur capacité à maintenir leur domination mondiale tant sur le plan politique qu'économique" après la Seconde Guerre mondiale.

L'utilisation de l'arme des sanctions commerciales et financières en fait partie. Ces mesures ont directement impacté les activités des groupes français comme Total dans certains pays visés par les embargos américains.

En somme, de nombreux secteurs stratégiques de l'économie française ont été la cible d'offensives juridiques, réglementaires et financières orchestrées par les autorités américaines dans le cadre d'une guerre économique souterraine. Ces ingérences, dénoncées par les autorités françaises, visent à affaiblir les champions nationaux au profit des intérêts américains, selon plusieurs experts. La lutte pour conserver l'avantage technologique et commercial semble être au cœur de cette confrontation par d'autres moyens que la guerre militaire classique.