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19 juin 2024 Par Philippe Renaud Non

Quelles entreprises françaises ont été les plus touchées par les rachats américains

entreprises françaises ont été les plus touchées par les rachats américains

La guerre économique menée par les États-Unis contre les entreprises françaises a conduit à une série de rachats d'entreprises stratégiques par des groupes américains. Ces acquisitions touchent divers secteurs clés de l'économie française, allant de la technologie à l'énergie, en passant par la finance et la santé. Voici un aperçu détaillé des entreprises françaises les plus touchées par ces rachats, illustrant l'ampleur de cette offensive économique.

Secteur Technologique

eFront

eFront, une pépite française spécialisée dans les logiciels de gestion de portefeuilles et d’analyse de la performance et des risques dans le domaine des investissements alternatifs, a été rachetée par BlackRock en mars 2019 pour 1,3 milliard de dollars (1,15 milliard d’euros). Cette acquisition a permis à BlackRock, le premier gestionnaire d’actifs au monde, d’intégrer eFront à sa plateforme Aladdin, renforçant ainsi sa position dans le secteur des investissements alternatifs.

PeopleDoc

PeopleDoc, pionnière de la dématérialisation des ressources humaines, a été rachetée par Ultimate Software. Créée en 2007, PeopleDoc a développé un coffre-fort numérique pour le stockage des documents administratifs des employés, avant d'élargir son offre aux solutions de gestion du capital humain. Cette acquisition a permis à Ultimate Software de renforcer son portefeuille de solutions RH.

Silæ

Silæ, une entreprise spécialisée dans les logiciels de gestion de paie en mode SaaS, a été rachetée par Silver Lake Partners pour 300 millions de dollars (270 millions d’euros). Créée en 2010 à Aix-en-Provence, Silæ automatise l’édition de millions de bulletins de paie chaque mois pour plus de 500 000 clients, ce qui en fait un acteur clé dans le domaine des logiciels de paie.

Secteur de l'Énergie

Alstom

L'affaire Alstom est emblématique de la guerre économique menée par les États-Unis. En 2014, General Electric a racheté la branche énergie d'Alstom pour 12,35 milliards d'euros. Cette acquisition a été facilitée par les poursuites judiciaires américaines contre Alstom pour corruption présumée, qui ont conduit à une amende record de 772 millions de dollars. Ce rachat a permis à General Electric de s'approprier des technologies clés dans le domaine des turbines à gaz et des énergies renouvelables.

Total

Total, le géant pétrolier français, a également été touché par les offensives économiques américaines. En 2013, Total a dû payer une amende de 398 millions de dollars pour corruption présumée en Iran. Cette affaire a nui à l'image et aux activités internationales de Total, illustrant la vulnérabilité des entreprises françaises face aux lois extraterritoriales américaines.

Secteur de la Finance

BNP Paribas

BNP Paribas a été durement touchée par les sanctions américaines. En 2014, la banque française a été condamnée à payer une amende record de 8,9 milliards de dollars pour violation des sanctions américaines contre plusieurs pays. Cette affaire a considérablement affaibli BNP Paribas sur les marchés internationaux et a illustré l'usage musclé des lois américaines pour affaiblir les concurrents étrangers.

Société Générale

Société Générale a également été poursuivie par le département américain de la Justice pour des motifs similaires à ceux de BNP Paribas. Ces poursuites ont conduit à des amendes et à des programmes de conformité contraignants, illustrant la pression exercée par les autorités américaines sur les banques françaises.

Secteur de la Défense et de l'Aéronautique

Exxelia

Exxelia, un fabricant de composants électroniques pour l'avion Rafale, a été racheté par l'américain Heico. Cette acquisition a permis à Heico de renforcer sa position dans le secteur de l'électronique et de la défense, tout en s'appropriant des technologies clés utilisées dans des programmes aéronautiques européens et américains.

Photonis

Photonis, un spécialiste de la vision nocturne, a failli être racheté par l'américain Teledyne. Cependant, l'État français a bloqué cette acquisition en raison du caractère stratégique de l'entreprise. Photonis a finalement été racheté par le fonds d'investissement HLD, basé à Paris, illustrant la vigilance des autorités françaises face aux rachats d'entreprises stratégiques par des groupes étrangers.

Secteur de la Santé

Sanofi

Sanofi, le géant pharmaceutique français, a été impliqué dans plusieurs acquisitions et partenariats avec des entreprises américaines. En 2011, Sanofi a racheté Genzyme Corporation, une entreprise de biotechnologie spécialisée dans les maladies rares, pour plus de 24 milliards de dollars. Cette acquisition a permis à Sanofi de renforcer sa position dans le domaine des biotechnologies et des traitements innovants.

Secteur des Start-ups

Drivy

Drivy, une start-up française spécialisée dans l'autopartage, a été rachetée par l'américain Getaround pour 300 millions de dollars. Cette acquisition a permis à Getaround de s'implanter sur le marché européen et de renforcer sa position dans le secteur de l'autopartage.

Zenly

Zenly, une start-up française développant une application de géolocalisation sociale, a été rachetée par Snap Inc., la société mère de Snapchat, pour un montant non divulgué. Cette acquisition a permis à Snap Inc. de s'approprier une technologie innovante et de renforcer son offre de services de géolocalisation.

Conclusion

En conclusion, la guerre économique menée par les États-Unis contre les entreprises françaises se manifeste par une série de rachats d'entreprises stratégiques dans divers secteurs clés. Ces acquisitions permettent aux groupes américains de s'approprier des technologies et des savoir-faire essentiels, tout en affaiblissant les concurrents français. Les autorités françaises tentent de répondre à cette offensive en imposant des conditions aux acquéreurs et en bloquant certaines acquisitions, mais la pression reste forte. La vigilance et la protection des intérêts nationaux demeurent des priorités pour préserver la souveraineté industrielle et technologique de la France.